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Publié le 11 février, 2010 - 17:43 par admin
Paris, le 6 février 2010 Monsieur le Président,
Objet : La France a besoin des biotechnologies vertes !

Depuis le « moratoire de fait » instauré à l’initiative de la France sur les OGM en juin 1999 dans l’attente d’une réglementation sur la traçabilité et l’étiquetage qui a été mise en place en 2001, les responsables politiques de notre pays ont, avec constance, refusé les biotechnologies vertes et leurs applications agricoles dans le domaine de l’amélioration génétique des plantes.
 
Certes, l’opinion publique soumise aux campagnes systématiques de désinformation et de diabolisation des OGM par des groupes militants de plus en plus politisés, reste  réservée.
Mais n’est-ce pas aux responsables politiques, d’anticiper et de préparer les changements nécessaires pour notre pays ? Disposerions-nous aujourd’hui de l’énergie nucléaire sans la décision courageuse du Général de Gaulle?

Pourquoi  les avis des nombreuses commissions et instances d’évaluation créées par les gouvernements successifs n’ont-ils pas été pris en compte ?
Pourquoi les multiples expériences étrangères qui rencontrent depuis 14 ans un succès jamais démenti et qui ont prouvé à la fois l’intérêt et l’innocuité sanitaire et environnementale des OGM, ont-elles été largement ignorées ?
 
En février 2008 le gouvernement français, sans aucune justification scientifique, a interdit la culture des variétés GM autorisées dans l’Union européenne. De plus, toute l’expérimentation en plein champ de plantes issues du génie génétique pourtant indispensable à l’évaluation agronomique a complètement quitté notre territoire.

Aujourd’hui la France s’est mise elle-même à l’écart d’une technologie du vivant, source de progrès déterminants et de croissance verte dans de nombreux domaines majeurs : agriculture, nutrition, énergie, santé, environnement.
Une interprétation abusive du principe de précaution a prévalu sur la volonté d’innovation pourtant constamment affirmée.

A l’inverse, sur tous les continents, les grands pays agricoles investissent dans les biotechnologies vertes et développent des variétés dotées de caractères nouveaux qui constituent déjà et constitueront demain des éléments de réponses aux principaux défis de notre siècle tout en contribuant à développer une agriculture véritablement durable.

La Recherche française en biotechnologie végétale pourtant longtemps à la pointe du progrès est en train de perdre son expertise. Les étudiants désertent ces filières.
De nombreux chercheurs s’expatrient dans des pays plus ouverts aux sciences et à l’innovation agricole. Certains crédits sur les biotechnologies végétales (comme ceux de l’ANR), ne sont même plus utilisés par les chercheurs qui craignent ne pas pouvoir mener à bien leurs recherches ni leurs développements.

Quant à l’agriculture française, déjà handicapée par un manque de compétitivité, elle est privée de tous les progrès de la génétique issue des biotechnologies vertes qui lui permettraient pourtant d’améliorer sa productivité, de mieux respecter l’environnement en réduisant les intrants chimiques, de cultiver des plantes moins consommatrices en eau ou dotées de bénéfices nutritionnels.

L’amélioration génétique des plantes n’est-elle pas un outil particulièrement adapté pour répondre à la fois aux objectifs du Grenelle de l’environnement et à ceux de la Loi de Modernisation Agricole en préparation ?

Dans les pays en développement souvent confrontés à de graves problèmes alimentaires ou nutritionnels exacerbés par le changement climatique, l’influence de la recherche agronomique française s’amenuise au fil des ans au profit d’autres pays plus ouverts à l’indispensable innovation agricole.

Les conclusions de la Commission Juppé-Rocard sur le Grand emprunt ont justement retenu les biotechnologies vertes comme une priorité stratégique et proposé d’y affecter un budget d’un milliard d’euros. Cependant cette proposition pertinente ne semble pas avoir été, clairement retenue, ce que nous déplorons.

Le retard accumulé par la France en biotechnologies végétales est considérable, alors que nous disposons à la fois d’un potentiel de recherche publique reconnu et d’une industrie semencière performante (essentiellement entre les mains des coopératives agricoles), capables de faire revenir notre pays parmi ceux qui sont les plus innovants.

Il nous paraît important que ces technologies puissent contribuer au redressement de notre agriculture à laquelle vous avez déclaré votre attachement. C’est pourquoi nous attendons de votre part, Monsieur le Président, un signal fort pour débloquer une situation alarmante pour notre Recherche Agronomique, pour la place de notre agriculture dans le monde, mais aussi pour faire profiter notre pays des nombreuses retombées des biotechnologies vertes en terme d’emplois et de valeur ajoutée pour notre économie.

Le prochain Salon International de l’Agriculture dont le thème retenu est « Recherche et Agriculture » serait une occasion particulièrement favorable pour faire entendre ce message positif.

Dans cet espoir, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à notre haute considération.

Professeur Marc Fellous
Président de l’AFBV

Courriel : AFBV@orange.fr
Site Internet : www.biotechnologies-vegetales.com

Adresse postale : AFBV, 39, rue du Cherche-Midi, 75006 Paris

 


 

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